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La compagnie Slalom développe un travail collectif et crée des projets théâtraux inspirés d’œuvres de grands auteurs de théâtre, où l’improvisation occupe une place centrale.
Beckett, Pinter, Ionesco... Table rase s’inspire du théâtre de l’absurde et propose une tentative joyeusement désespérée de questionner les règles, la logique, le monde.
Le théâtre de l’absurde montre des personnages empêchés, pris d’obsession, incapables de communiquer. Chacun traduit à la fois un empêchement externe, situationnel, mais également une déroute interne, une disjonction entre sa parole et son corps. Le langage, glorifié dans le théâtre improvisé classique, devient ici vecteur d’ambiguïté, de domination, d’angoisses. Que se passe-t-il quand on cesse de chercher l’efficacité de la narration, pour laisser place à la faille, au silence, à la dissonance? L’écart entre les projections d’un idéal et l’implacable réalité devient source de jeu et d’amusement. On se délecte de voir des interprètes qui se débattent avec des systèmes de jeu trop complexes, voire irréalisables. Donner à voir l’angoisse de la création instantanée permet de raconter toutes les angoisses.
Table rase interroge des sujets contemporains – oppressions systémiques, absurdité sociale, impuissance collective – sans les expliquer, ni les résoudre. En les abordant sur scène sous des angles déroutants, le spectacle ouvre la porte à de nouvelles formes d’écritures instantanées et de poésie inconsciente.
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